« Enlève ton alliance, ma fille en a plus besoin que toi » : au dîner de famille, ma belle-mère a humilié sa bru devant tout le monde

— À ton avis ? répondit-elle. Ta mère vient d’exiger que je donne mon alliance à ta sœur, et toi, tu t’es tu.

— Je sais, dit-il en se frottant la nuque. Mais tu sais comment elle est. Il vaut mieux laisser passer.

— Laisser passer ? Claire le fixa. Ce n’était pas une maladresse, Julien. C’était un ordre. Elle m’a demandé de céder ce qui m’est précieux, et toi tu veux faire semblant que ce n’est rien ?

— Non, bien sûr que non, dit-il en s’approchant pour l’enlacer. Je ne veux pas de scandale. Finissons la soirée, puis je lui parlerai sérieusement.

Elle recula.

— Comme la dernière fois ? Et celle d’avant ? À chaque fois tu promets, et rien ne change.

Elle posa les coupes sur le plateau.

— Apporte le dessert toi-même. Moi, je vais m’allonger. J’ai la tête qui éclate.

Elle quitta la cuisine, traversa le salon en se tenant droite et adressa un signe aux invités.

— Excusez-moi, je ne me sens pas bien. Julien va servir le dessert. Bon appétit.

Puis elle alla dans la chambre et referma la porte derrière elle.

Une heure plus tard, Claire entendit les invités partir. Les adieux furent tendus. Quand la porte d’entrée se referma, le silence envahit l’appartement.

Julien frappa doucement à la porte.

— Claire, je peux entrer ?

Elle ne répondit pas. Il ouvrit avec prudence. Elle était assise au bord du lit, les yeux tournés vers la fenêtre.

— Ils sont partis ? demanda-t-elle sans se retourner.

— Oui, dit-il en s’asseyant près d’elle. Camille s’est excusée pour maman. Antoine aussi. Ils étaient très mal à l’aise.

— Et toi ? demanda Claire en le regardant enfin. Toi, tu étais mal à l’aise ?

Julien se leva lentement, alla jusqu’à la fenêtre et contempla les lumières tremblantes de la ville. À cet instant, il comprit qu’il devait choisir : rester dans l’ombre des attentes des autres, ou décider enfin lui-même où se trouvait son bonheur.