Sa carrière venait à peine de commencer. Sa beauté saisissante et son rôle de jeune séductrice en bikini aux côtés de Julien Delorme dans Le Visage balafré avaient déjà fasciné des millions de spectateurs.
Puis, soudainement, Camille s’était volatilisée sur une plage. Aucun indice, aucune trace. Derrière elle ne subsistaient que des questions et une énigme qui, depuis quarante-deux longues années, refusait toujours de révéler la vérité.
Camille Moreau avait-elle elle-même imaginé et joué le rôle principal d’une fuite parfaite ? Ou était-elle devenue la victime d’un crime conçu pour ne laisser aucune preuve ?
Son destin mêle les rêves de cinéma, l’éclat de la beauté et un mystère aussi bouleversant qu’irrésolu, qui intrigue le public depuis plus de quatre décennies.
Née en 1965 à La Ciotat, sur la côte provençale, Camille semblait promise à un avenir exceptionnel. Ses cheveux blonds, ses yeux couleur noisette et son charme naturel captivaient les regards dès qu’elle apparaissait devant un public ou l’objectif d’un photographe.
Elle n’avait que 4 ans lorsqu’elle participa à ses premiers concours de beauté. Très vite, elle ne se contenta plus d’y prendre part : elle les domina. Avant même d’avoir quitté l’adolescence, Camille avait concouru plus de 300 fois et remporté 280 premières places. Pourtant, cette impressionnante série de victoires n’était qu’un commencement. En 1978, sa photographie en couverture du magazine Élégance confirma qu’une nouvelle étoile du mannequinat était en train de naître.
« J’ai toujours aimé me montrer devant les gens. Petite, j’adorais participer aux concours parce que je pouvais m’habiller et me faire belle. Je préférais surtout les vêtements anciens, avec ces grands chapeaux décorés de plumes. Dans ces immenses robes, j’avais l’impression de devenir une élégante du Midi », expliquait Camille.
Derrière ces succès précoces se trouvait sa mère, Élise Moreau, qui soutenait les ambitions de sa fille avec une fidélité inébranlable.
« J’étais constamment occupée à la conduire là où elle devait se rendre et à l’accompagner dans tout ce qu’elle avait à faire. Mais cela me plaisait. J’aimais la regarder réussir, car elle cherchait toujours à atteindre le meilleur, à aller jusqu’au niveau le plus élevé », se souvenait Élise.
Camille décrocha son premier rôle dans Petites Chéries, sorti en 1980, où elle incarnait une jeune fille fêtarde. La presse locale s’empressa de la présenter comme la future vedette de la région. La jeune blonde, elle, savourait chaque moment durant lequel tous les regards se tournaient vers elle.
« Cette attention ne m’étonne pas. J’ai travaillé pour l’obtenir, et j’en suis très heureuse. J’ai toujours rêvé d’une vie pareille, même si je ne voudrais jamais vivre loin de la mer. Cela prendra peut-être du temps, mais je veux gagner un César et rencontrer des acteurs comme Marc Delcourt et Laurent Vasseur. Jouer… c’est dans mon sang. J’ai toujours aimé que les gens me regardent et me prennent en photo. Une bonne actrice doit être capable de tout faire », confia-t-elle au Courrier du Midi.
Son véritable envol eut lieu en 1983, lorsqu’elle obtint un rôle dans Le Visage balafré, un long métrage bientôt devenu une œuvre culte de l’histoire du cinéma.