Pourtant, l’âge n’est pas une méthode de contraception. Tant qu’une femme ovule encore, une grossesse demeure possible, même si la probabilité diminue nettement avec les années.
C’est précisément ce que Julien avait refusé de prendre en compte.
Sa peur actuelle ne concerne donc pas uniquement le bébé.
Il redoute de perdre la vie confortable qu’il s’était organisée.
Il craint la réaction de sa femme.
Il redoute le jugement des autres.
Il a peur de devenir quelqu’un qu’il n’aurait jamais accepté de reconnaître en lui-même.
Et, surtout, il se préoccupe encore des conséquences que cette situation aura pour lui.
Bilan social
Ce genre d’histoire montre à quel point il est dangereux de croire que l’on peut diviser les relations en zones séparées, pratiques et hermétiques.
Une femme pour la famille.
Une autre pour le plaisir.
Et l’homme, au milieu, pourrait profiter des avantages des deux situations sans jamais avoir à en payer le prix.
En réalité, cette organisation ne tient que jusqu’à la première crise sérieuse.
Parce que les deux femmes sont des êtres humains.
Elles ont des sentiments, une santé, des choix personnels et une vie qui leur appartient.
Ni l’âge, ni la situation familiale, ni les accords passés ne transforment une relation en équation mathématique que l’on pourrait résoudre à l’avance.
Dans cette histoire, le contraste entre deux façons de voir les choses est particulièrement évident.
La femme de Julien lui parlait régulièrement de santé, de risques et de protection.
Lui interprétait ces conversations comme une prudence excessive et une restriction imposée à son confort.
Il a donc voulu trouver un moyen de contourner les règles.
Il était persuadé qu’en choisissant une partenaire plus âgée, il pourrait obtenir ce qu’il désirait tout en éliminant les conséquences désagréables.
Mais le corps humain ne suit pas les clichés domestiques.

Une diminution du risque de grossesse ne signifie pas que ce risque est nul.
Et tant que certaines personnes considéreront l’âge de leur partenaire comme un substitut fiable à la contraception, des situations semblables continueront de se produire.
Conclusion
Julien n’est pas victime d’une grossesse imprévisible.
Il se retrouve face aux conséquences de sa propre décision.
Il voulait une relation sans responsabilité et s’était imaginé que l’âge de sa maîtresse le protégerait automatiquement contre les problèmes possibles.
Mais la responsabilité ne dépend pas du nombre d’années d’une femme.
Elle ne disparaît pas parce que l’on se répète avec assurance que « rien n’arrivera ».

Julien doit maintenant affronter un choix réellement douloureux.
Pour la première fois, il ne pourra plus réfléchir uniquement à la manière de préserver son confort personnel. Il devra regarder en face le fait que ses actes concernent déjà son épouse, ses trois filles, une autre femme et peut-être un enfant à naître.
C’est à partir de maintenant que l’on saura s’il est capable de cesser de se présenter comme la victime des circonstances et d’admettre une vérité très simple :
il n’a pas été battu par un destin rusé et n’a pas été trompé par quelqu’un d’autre.
Il a seulement cru, une fois, qu’il pouvait déjouer les conséquences de ses propres choix.
Mais les conséquences, elles, n’avaient jamais disparu.
Elles avançaient simplement dans son ombre.