« Je ne paie pas l’addition des femmes lors des rendez-vous », m’a annoncé un homme de 52 ans. Alors je suis arrivée sans maquillage, en chaussures plates.

J’en suis arrivée à une conclusion très simple : l’égalité ne consiste pas seulement à couper l’addition en deux. Elle existe quand les deux personnes investissent quelque chose de comparable. Pas toujours de l’argent. Parfois du temps, de l’attention, des efforts, de la délicatesse, la volonté de tenir compte de celui ou celle qui est en face.

Si un homme ne veut pas payer pour une femme, je respecte ce choix. Vraiment. Mais alors, il ne devrait pas attendre d’elle qu’elle passe deux heures à se préparer pour lui. Il n’a pas à être déçu si elle n’arrive pas en robe et escarpins, mais en jean et baskets.

Si nous sommes égaux, alors nous le sommes partout. Sans attentes secrètes. Sans double standard. Sans surprise lorsqu’une femme se présente aussi simplement et aussi détendue que l’homme qui l’attend.

Je ne suis pas contre l’égalité. Bien au contraire. Mais soyons honnêtes : l’égalité ne commence pas au moment où l’on décide qui paie le café et la salade. Elle commence avec la franchise, envers soi-même et envers l’autre.

Elle commence quand on admet que la beauté demande des ressources. Que l’apparence soignée est un travail, du temps, de l’argent. Que la phrase « chacun pour soi » ne concerne pas uniquement le portefeuille, mais aussi les attentes que l’on pose sur l’autre.

Aujourd’hui encore, il m’arrive de voir des débats sur ce sujet sur les réseaux sociaux. Certains écrivent avec indignation : « Un homme doit payer ! » D’autres répondent : « Les femmes sont devenues trop intéressées ! » Et, quelque part, chaque camp touche une part de vérité, tout en passant à côté d’une autre.

Parce que le fond du problème n’est pas seulement de savoir qui sort sa carte bancaire. Ce qui compte davantage, c’est la manière dont deux personnes construisent une relation. Sur quelles bases. Avec quel degré de sincérité.

Laurent voulait l’égalité, et il l’a obtenue. La vraie, sans emballage décoratif, sans robe rouge, sans mascara, sans talons. Seulement il s’est aperçu que, dans son esprit, elle ne ressemblait pas tout à fait à cela.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Où se trouve la limite entre justice et attention portée à l’autre ? Entre indépendance et chaleur humaine ? Entre l’égalité que l’on proclame et celle que l’on accepte vraiment dans la vie réelle ?

Moi, je cherche encore la réponse.