Quand Claire a compris que son mari ne la retenait plus par amour, mais seulement pour la briser et l’empêcher de respirer, il était déjà presque trop tard…

Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu n’as pas bonne mine. Tu es malade ?

Claire, à qui l’on n’avait pas adressé de mots de soutien depuis si longtemps, éclata en sanglots :

Sophie, tout est horrible. Mon mari me détruit, me critique tout le temps, m’humilie. Je n’en peux plus. J’ai peur qu’il me saisisse parfois pendant nos disputes.

Sophie l’écoutait sans l’interrompre.

Je veux le quitter, continua Claire, mais j’ai peur. Je ne sais pas par où commencer. Comment vivre après ça ?

Claire, pars ! Je ne t’abandonnerai pas. Tu viendras chez moi, tu y resteras quelque temps. Tu te souviens de l’adresse ? Et il existe des consultations psychologiques gratuites pour les femmes victimes d’un mari tyrannique.

Je ne savais même pas ça, avoua Claire.

Maintenant, tu le sais. Le plus important, c’est de croire en toi. Tu es forte, tu vas y arriver.

Après cette rencontre, elles se virent encore, et quelques heures plus tard Claire n’avait déjà plus le même visage.

Le soir, en rentrant, elle trouva Mathieu affalé dans un fauteuil, le regard planté dans la télévision.

Où étais-tu ? demanda-t-il sans se retourner.

Je me suis promenée, répondit Claire.

Tu te promènes trop souvent. Tu t’es trouvé un amant ?

Le cœur de Claire se glaça d’un coup.

Qu’est-ce que tu racontes ? s’indigna-t-elle.

Et alors ? Je ne serais pas surpris si c’était le cas. Tu as l’air bien rapide, toi.

Mathieu, ça suffit, dit Claire d’une voix lasse. Je n’ai plus envie d’entendre ça.

Et qu’est-ce que tu veux entendre ? Des compliments ?

Claire inspira profondément, en essayant de garder son calme.

Mathieu, il faut qu’on parle.

De quoi ? De tes tromperies ?

Non, de nous. De notre mariage.

Et qu’est-ce que tu veux me dire ?

Je veux divorcer.

Mathieu la fixa, stupéfait.

Qu’est-ce que tu viens de dire ?

J’ai dit que je veux divorcer. Je ne peux plus vivre comme ça. Tu m’humilies sans cesse, tu me critiques. Je suis malheureuse avec toi.

Tu es folle ! Un divorce ? Tu es qui sans moi ? Personne ! Tu devrais être reconnaissante que je vive avec toi.

Je ne dois rien à personne. Je veux être heureuse.

Heureuse ? Tu crois vraiment que tu le seras sans moi ? Tu te trompes. Personne n’a besoin de toi. Tu comprends ?

Claire se tut. Elle n’avait plus envie de discuter. Tout était déjà décidé.

Je pars demain, dit-elle calmement.

Où tu vas aller ? hurla Mathieu. Où est-ce que tu vas vivre ? Tu es pauvre !

Ce n’est pas ton problème. Je me débrouillerai.

Je ne te laisserai pas vivre tranquille ! rugit-il. Je te retrouverai et je te ferai regretter d’être née ! Insolente ! Je t’ai tout donné, je t’ai mise en avant, et toi !

Claire ne répondit pas. Elle se contenta de se tourner vers la chambre pour aller faire sa valise.

Au matin, Claire se leva tôt, se lava, s’habilla et se dirigea vers la cuisine. Mathieu était déjà assis à table, en train de siroter son café.

Tu n’iras nulle part, dit-il. N’essaie même pas de fuir pendant que je suis au travail !

J’ai déjà pris ma décision, répondit-elle.

Je ne te l’autoriserai pas !

Ça suffit, Mathieu.

Tu ne m’entends pas !

Mathieu se leva et s’approcha d’elle. Claire eut peur.

Ne t’approche pas, supplia-t-elle. Mathieu, recule !

Mathieu la poussa contre le mur. Claire se cogna la tête et tomba au sol. Son poing s’abattit sur son visage. Claire ferma les yeux, prête au pire.

Peu après, des voisins de l’immeuble d’à côté entendirent ses cris. La police, alertée par des habitants inquiets, fit irruption dans l’appartement. Claire fut transportée à l’hôpital, où on lui prodigua des soins. Après sa sortie, elle déposa immédiatement la demande de divorce : leur vie conjugale s’achevait dans un naufrage total.

À qui es-tu vraiment importante ?