«Tu n’es pas de la famille» : la douleur d’une belle-fille rejetée malgré cinq ans de mariage

– Peut-être qu’elle a été brusque. Mais tu comprends, elle a élevé notre famille seule avec ton frère après le départ prématuré de ton père. Elle a toujours tout contrôlé.

– Et maintenant, je devrais subir son contrôle toute ma vie ?

Hugo s’assit sur le bord du lit et prit les mains de sa femme.

– Éloïse, essayons de ne pas nous disputer. Je parlerai à ma mère, j’expliquerai.

– Qu’expliqueras-tu ? Que moi aussi je suis une personne ? Que j’ai des sentiments ?

– Oui. Je dirai juste de ne pas être brusque.

Éloïse secoua la tête.

– Hugo, ce n’est pas une question de brusquerie. C’est que ta mère ne m’accepte pas ! Et tu le sais.

– Cinq ans ne suffisent pas ? Combien encore faut-il attendre ?

Depuis la cuisine, la voix de Madeleine retentit :

– Hugo ! Viens dîner ! Tout va refroidir !

Hugo se leva.

– Allons dîner calmement. Nous parlerons ensuite.

– Non merci. Je n’ai plus faim.

Il resta un moment puis partit. Éloïse entendait des bribes de conversation entre lui et sa mère, mais aucun mot clair. Les voix montaient, puis retombaient.

Elle prit son téléphone et composa le numéro de sa mère.

– Maman ? C’est moi. Pouvons-nous venir quelques jours ?

– Bien sûr, ma chérie. Que se passe-t-il ?

– Je te raconterai plus tard. Nous partons maintenant.

– D’accord. J’ai fait du pot-au-feu, il y en aura pour tout le monde.

Éloïse esquissa un sourire involontaire. Elle prit Lisa dans ses bras, l’embrassa tendrement, lui mit sa veste et sortit de l’appartement. La porte se referma doucement derrière elle, laissant la clé sur la console. Dans la voiture, Éloïse démarra le moteur, regarda dans le rétroviseur : une seule lumière brûlait dans la cuisine. Puis elle partit, sans se retourner.

– Tu n’es pas de la famille, lança Madeleine en replaçant la viande de l’assiette d’Éloïse dans la casserole.

Hugo retrouva ses affaires sur le pas de la porte de notre maison.