«J’ai choisi une femme de quarante-sept ans parce que je pensais pouvoir oublier la contraception… Maintenant, elle est enceinte ! Que suis-je censé faire : détruire ma propre vie ?»

Bilan social

Ce genre de situation montre à quel point il est dangereux de croire que l’on peut découper les relations en compartiments parfaitement étanches.

Une femme pour la famille.

Une autre pour le plaisir.

Et un homme persuadé qu’il peut profiter des deux mondes sans jamais avoir à répondre de ses actes.

Dans la réalité, cette séparation ne tient que jusqu’au premier véritable choc.

Parce que les deux femmes sont des êtres humains.

Elles ont leurs sentiments, leur santé, leurs décisions et leurs projets.

Ni l’âge, ni le statut marital, ni les accords tacites ne transforment une relation en équation mathématique que l’on pourrait résoudre à l’avance.

Dans cette histoire, deux visions s’opposent clairement.

L’épouse de Julien parlait sans cesse de santé, de risques et de protection.

Lui considérait ces discussions comme une prudence excessive, presque comme une restriction imposée à son confort.

Il a donc cherché une manière de contourner les règles.

Il s’est persuadé qu’en choisissant une femme plus âgée, il pourrait obtenir ce qu’il désirait tout en supprimant les conséquences désagréables.

Mais le corps humain ne se plie pas aux idées reçues.

Une diminution du risque de grossesse ne signifie pas que ce risque disparaît complètement.

Et tant que certains continueront à considérer l’âge d’une partenaire comme un substitut fiable à la contraception, des histoires semblables continueront de se produire.

Conclusion

Julien n’est pas victime d’une grossesse sortie de nulle part.

Il se retrouve face aux conséquences de sa propre décision.

Il voulait une relation sans responsabilité et s’était imaginé que l’âge de sa maîtresse le protégerait automatiquement de tout problème.

Mais la responsabilité ne dépend pas de l’âge d’une femme.

Elle ne disparaît pas simplement parce qu’un homme se répète avec assez de conviction que rien ne se passera.

Julien doit désormais affronter un choix réellement douloureux.

Pour la première fois, il devra cesser de réfléchir uniquement à la manière de préserver son confort. Il devra regarder en face le fait que ses actes touchent déjà son épouse, ses trois filles, cette autre femme et peut-être un enfant à naître.

C’est maintenant que l’on saura s’il est capable d’arrêter de se présenter comme la victime des circonstances et d’admettre une vérité très simple :

il n’a pas été vaincu par un destin rusé et il n’a pas été trompé par quelqu’un d’autre.

Il a seulement cru, un jour, qu’il avait réussi à déjouer les conséquences.

Mais les conséquences, elles, ne l’avaient jamais quitté.