— Probablement, répondit Julien. Si cela devient insupportable, tu pourras toujours déménager.
Élise attrapa un torchon et le lui lança.
***
Le lendemain matin, j’entendis la douche couler avant sept heures.
Julien était déjà assis à la table avec son café lorsque des pas résonnèrent dans l’escalier. Il me regarda. Je le regardai à mon tour.
Élise entra dans la cuisine vêtue du vieux peignoir bleu trouvé dans notre armoire. Des canards délavés décoraient les poches et l’une des manches était légèrement plus courte que l’autre.
Elle se dirigea vers la cafetière.
Julien ne dit rien.
Moi non plus.
Élise tendit la main vers le paquet de grains que Julien commandait chez un torréfacteur en ligne, puis s’arrêta.
— Je peux en prendre ?
Julien la regarda par-dessus sa tasse.
— Bien sûr.
— Merci.
C’était tout.
Pas de grande déclaration. Pas de longue scène d’excuses. Seulement une question simple qu’elle n’avait jamais pensé poser auparavant.
Puis elle ouvrit le placard supérieur.
Les filtres étaient tout au fond de l’étagère la plus haute.
Elle se mit sur la pointe des pieds, mais ne parvint pas à les atteindre.
Julien commença à se lever.
Élise le désigna aussitôt du doigt.
— Reste assis.
Il se rassit.
Elle tira une chaise, la plaça devant le placard, posa un pied sur le premier barreau et attrapa elle-même la boîte de filtres.
Lorsqu’elle descendit, elle remarqua mon sourire.
— Quoi ?
— Rien.
Élise regarda le peignoir, la chaise, puis les filtres dans sa main.
— Tu vois ? dit-elle en remettant la chaise à sa place. Je recommence à me débrouiller toute seule.
Cette fois, nous éclatâmes de rire tous les trois.
