— Je suis toujours en colère contre toi, finis-je par dire.
— Je sais.
— Tu m’as caché quelque chose d’essentiel.
— Je sais.
— Je ne suis pas certaine que j’aurais fait le même choix à ta place. Mais je comprends maintenant pourquoi tu l’as fait.
Ses yeux se remplirent de larmes.
Ce jour-là, c’était tout le pardon que j’étais capable de lui accorder.
Je tendis la main et pris la sienne.
Ensemble, nous retournâmes vers la chambre de Camille.
La pièce était vide.
Quelques heures auparavant, j’avais suivi le brancard de ma fille dans ce couloir en croyant que tout s’achevait avec elle.
Mais Camille avait compris ce que je n’étais pas encore capable de voir.
Elle ne pouvait pas décider de ce qui arriverait à son corps. En revanche, elle pouvait choisir ce qu’elle laisserait derrière elle.
Quelque part dans cet hôpital, Zoé commençait déjà à se réveiller. Très bientôt, sa mère serait assise près de son lit et parlerait de leur retour à la maison.
De la même façon que je l’avais fait, jusqu’au dernier jour, pour Camille.
Le fait qu’une autre enfant ait survécu ne rendait pas la perte de ma fille moins douloureuse.
Cela ne la rendrait jamais moins douloureuse.
Mais je comprenais enfin ce que Camille avait voulu me laisser. Pas une explication capable d’effacer ma souffrance. Pas une justification de sa mort.
Elle m’avait laissé une raison de continuer à avancer malgré son absence.
Camille ne pouvait pas rentrer chez nous avec moi.
Alors elle avait aidé une autre fille à rentrer chez elle auprès de sa mère. ❤️🩹
