ELLE A ÉTÉ FORCÉE D’ÉPOUSER UN « MILLIARDAIRE-COCHON » POUR ÉPONGER LES DETTES DE SA FAMILLE, MAIS LE SOIR DE LEUR ANNIVERSAIRE, ELLE A HURLÉ LORSQU’IL A RETIRÉ SA « PEAU »

Claire était une jeune femme qui avait encore des rêves plein la tête, même si la pauvreté semblait avoir dressé autour d’elle des barreaux invisibles.

Son père, Richard, s’était laissé entraîner dans les jeux d’argent jusqu’à accumuler une dette vertigineuse de cinquante millions d’euros.

Et il ne devait pas cette somme à n’importe qui.

Son créancier était Sébastien « Bastien » de Montfort, l’un des hommes les plus riches de France.

La fortune de monsieur de Montfort était connue de tous. Mais ce n’était pas seulement son immense richesse qui alimentait les conversations.

Son apparence faisait également parler.

Il pesait près de cent quarante kilos.

Son corps semblait démesuré, son visage était couvert de cicatrices, il transpirait presque continuellement et se déplaçait toujours dans un fauteuil roulant électrique. Selon les rumeurs, son poids était devenu tel qu’il n’était même plus capable de marcher seul.

Derrière son dos, les gens l’avaient affublé d’un surnom cruel : « le Milliardaire-cochon ».

L’ACCORD

Un soir, plusieurs hommes travaillant pour Bastien se présentèrent devant la maison de Claire.

— Remboursez ce que vous devez, sinon vous finirez en prison, annoncèrent-ils froidement à Richard.

— Mais je n’ai pas une somme pareille ! s’écria son père, désespéré.

Puis, comme s’il parlait d’un bien lui appartenant, il lança brusquement :

— Alors prenez ma fille ! Claire ! Elle est jeune, belle, travailleuse ! Épousez-la, monsieur de Montfort, et considérez que cela règle ma dette !

Claire resta pétrifiée.

— Papa ?! Tu es en train de me vendre ?

Pourtant, elle comprit très vite qu’on ne lui laissait pratiquement aucune issue.

Si elle refusait, son père risquait la prison.

Pour le sauver, Claire finit donc par accepter d’épouser l’homme que tout le monde autour d’elle redoutait.

LE MARIAGE

Le jour de la cérémonie, les invités ne cessèrent de murmurer.

Claire, splendide dans sa robe blanche, se tenait droite, calme et lumineuse à côté de Bastien de Montfort.

Lui respirait difficilement. La sueur perlait sur son visage et une tache de sauce marquait même son smoking.

— Pauvre fille, souffla quelqu’un.

— Elle ne l’a épousé que pour son argent.

— J’imagine à quel point elle doit être écœurée à l’idée de partager son lit.

Claire entendit parfaitement ces paroles.

Elle ne répondit pas.

Elle releva seulement le menton avec dignité, sortit un mouchoir et essuya doucement la transpiration qui couvrait le front de son mari.

— Vous vous sentez bien, monsieur de Montfort ? demanda-t-elle avec douceur.

Puis elle ajouta :

— Voulez-vous que je vous apporte un verre d’eau ?

Bastien se figea.

Il s’était préparé à lire du dégoût sur son visage.

À la place, il découvrait de la compassion.

Une attention qui semblait sincère.

— De l’eau, murmura-t-il.

Pendant toute la cérémonie, Claire resta près de lui.

Lorsque vint le moment des photographies, elle ne chercha pas à s’écarter de son fauteuil.

Elle garda dans la sienne sa large main rugueuse, légèrement tremblante.

L’ÉPREUVE

Après leur mariage, les jeunes époux s’installèrent dans la vaste demeure de Bastien.

À peine furent-ils entrés dans leur chambre qu’il déclara d’un ton autoritaire :

— Tu dormiras sur le canapé. Je prends trop de place et tu serais mal à côté de moi. Et il y a autre chose…

Il la fixa.

— Avant de te coucher, tu me laveras les pieds. Et tu me donneras à manger.

Claire ignorait qu’il était en train de la mettre à l’épreuve.

Bastien se montrait volontairement paresseux.

Sale.

Brutal.

Désagréable.

Parfois même cruel.

— C’est immangeable ! criait-il en lançant son assiette.

Ou encore :

— Tu es beaucoup trop lente ! Essuie-moi le dos !

Pendant trois mois, Claire prit soin de lui comme l’aurait fait une aide-soignante.

Et malgré tout, elle ne se plaignit pas une seule fois.

— Pardonnez-moi, monsieur de Montfort. Demain, je ferai mieux, répondait-elle toujours avec le même calme.

Chaque soir, lorsque Bastien dormait — ou faisait semblant de dormir — Claire s’asseyait près de lui et massait doucement ses pieds gonflés tout en lui parlant à voix basse.

— Je sais qu’au fond de vous, vous êtes quelqu’un de bon, murmurait-elle.

Elle poursuivait parfois :

— Peut-être êtes-vous devenu ainsi parce que les gens vous ont trop souvent blessé avec leurs paroles. Ne vous inquiétez pas. Je suis là. Je suis votre femme et je ne vous abandonnerai pas.

Bastien entendait chaque mot.

Sous l’épaisse « peau » artificielle qui l’enveloppait, quelque chose commença peu à peu à céder.

Son cœur, qu’il croyait depuis longtemps endurci, se réchauffait.

LE GRAND BAL DE CHARITÉ

Puis arriva le soir du grand bal de charité.

Pour la première fois depuis leur mariage, Bastien devait présenter Claire à la haute société.

Il lui offrit une somptueuse robe rouge et de précieux bijoux.

De son côté, il enfila un smoking qui paraissait sur le point de craquer autour de son corps gigantesque.

Lorsqu’ils pénétrèrent dans la salle, toutes les têtes se tournèrent vers eux.